L’actu des marchés du 10 juin 2022

L’actu des marchés du 10 juin 2022

On prend les mêmes et on recommence. Alors que l’assouplissement des mesures mises en place pour faire face à la pandémie de Covid en Chine avait donné un nouvel élan aux places financières, l’Empire du milieu sème de nouveau le trouble en en imposant de nouvelles. Suite à la découverte de nouveaux cas, les plus de 2 millions d’habitants du quartier de Minhang devront rester chez eux ce week-end, le temps d’être dépistés.

La morosité hebdomadaire a été également alimentée par la poussée des taux d’intérêts, le rendement des emprunts d’État américains, la flambée du pétrole et enfin la réunion mensuelle tant attendue de la BCE. Les marchés n’auront rien pu faire pour résister à cette avalanche de mauvaises nouvelles.

Pour revenir sur ces différents points, le « 10 ans » américain s’est positionné de nouveau au-dessus des 3% et son équivalent français à plus de 1,90%, rendant plus fragile l’appétence au risque. Les barils de pétrole (WTI et Brent) repartent vers leurs récents sommets autour de 123 dollars, ce qui fait remonter les prix de l’essence quasiment au plus haut ces derniers jours, malgré la remise de 18 centimes par litre, vraisemblablement en place jusqu’à la fin de cet été. Enfin, la BCE a confirmé comme attendu, l’arrêt de ses achats d’obligations sur les marchés, le 1er juillet. La banque a fait état de son intention d’engager dans la foulée, le même mois, une série de hausses des taux pour tenter d’apaiser l’inflation, dont la première de 25 points de base, interviendra lors de sa réunion de politique monétaire de juillet. Il sera à ce moment-là toujours négatif de 0,25%. Selon les commentaires de la présidente de l’institution, Christine Lagarde, il pourrait être ramené à zéro ou légèrement au-dessus d’ici la fin du troisième trimestre. Les achats d’obligations dans le cadre du programme d’achats d’actifs (APP), outil de soutien au crédit et à l’économie, cesseront à la fin du mois. Elle a par ailleurs estimé que « les risques qui entourent les perspectives d’inflation sont orientés à la hausse »… « Les hausses de prix sont en train de se généraliser à l’ensemble des secteurs d’activité. La guerre en Ukraine et la pandémie en Chine ont clairement aggravé les difficultés d’approvisionnement ». Bref, ces dernières déclarations auront fini d’achever toute velléité acheteuse. 

La Banque mondiale avait déjà jeté un froid mardi en réduisant nettement sa prévision de croissance mondiale, attendue désormais à 2,9% cette année, contre 4,1% en janvier. L’institution a averti que l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui s’ajoute aux dégâts causés par la pandémie de Covid-19, menace de nombreux pays, de récession, et d’autres, de stagflation. « L’économie mondiale devrait connaître sa plus forte décélération suivant une reprise en plus de 80 ans », a souligné la BM dans son rapport sur les perspectives économiques mondiales. Elle envisage par ailleurs « une période prolongée de croissance faible et d’inflation élevée ». Les économistes de la Banque mondiale visent un rythme de croissance au ralenti qui devrait durer jusqu’en 2024, la guerre en Ukraine perturbant fortement l’activité, l’investissement et le commerce international. Ceci s’ajoute à une demande qui faiblit et à la levée progressive des mesures d’aide des gouvernements.

Un aparté pour noter que c’était au tour de l’Australie ce mardi de relever son principal taux d’intérêt directeur d’un demi-point de pourcentage, une hausse plus forte qu’attendu et qui se poursuivra dans les mois à venir.

Du côté de l’emploi, aux États-Unis, 229 000 inscriptions au chômage ont été enregistrées au cours de la semaine du 4 juin, contre un consensus Bloomberg de 206 000. Il s’élevait à 202 000 la semaine précédente.

Dans la saga Twitter, Elon Musk estime que le réseau social viole leur accord de fusion en ne fournissant pas les informations sur les spams et les faux comptes qu’il a demandées. Le mois dernier, le patron de Tesla avait déjà déclaré qu’il ne poursuivrait pas son rachat de Twitter de 44 milliards de dollars, à moins que le géant des médias sociaux ne puisse prouver que les robots représentent moins de 5% de ses utilisateurs. Le directeur général de Twitter, Parag Agrawal, continue d’assurer que ce chiffre était inférieur à 5 %. A suivre…

Du côté des valeurs, dans le CAC 40, seuls 4 titres tirent leur épingle du jeu. Air Liquide +4,03%, la société qui a distribué un dividende de 10% en actions nouvelles aura effacé la moitié du coût de l’opération. Elle est suivie de Renault +2,19%, dont le programme de rachat d’actions a débuté aujourd’hui et pourra s’étendre jusqu’au 14 juin prochain. Il porte sur un maximum de 1,26 million d’actions. Les actions ainsi rachetées seront destinées à couvrir les obligations de Renault à l’égard des bénéficiaires d’actions de performance ou de tout plan d’intéressement à long-terme mis en œuvre au profit des salariés et mandataires sociaux du groupe. Par ailleurs, Exane BNP Paribas a relevé son objectif de cours de 29 à 33 euros.

Dans les plus fortes baisses, c’est surtout le secteur bancaire qui dévisse, Crédit Agricole -7,80%, BNP Paribas -7,53% et Société Générale -6,53%. Comme l’avait précisé en fin de mois François Villeroy de Galhau le gouverneur de la Banque de France, le secteur financier sera soutenu dès lors que la remontée des taux sera ordonnée et bien gérée.

Nos News