L’actu des marchés du 08 avril 2022

L’actu des marchés du 08 avril 2022

Pas de négociations cette semaine mais un mur international qui semble s’ériger contre la violence des soldats russes. Car si les avis semblaient tranchés sur la non-intervention de l’Otan dans ce conflit, les exactions de l’armée de Vladimir Poutine (en cours d’analyse) pourraient sérieusement remettre en question cette neutralité. Tout du moins, il n’y a plus de retenue quant à la distribution massive d’armement quel que soient les pays et les sanctions sont devenues sans limites. Dans l’esprit de tous, il semble acté qu’il s’agit bel et bien d’une guerre de l’Europe avec ses alliés d’Amérique du Nord contre l’envahisseur russe.

Du côté des taux, le 5 avril, le 10 ans américain est devenu moins rémunérateur que le 2 ans. Ce croisement, significatif car annonciateur d’une récession à venir, tout du moins témoignant de l’inquiétude des acteurs de marchés face à l’inflation galopante, n’aura pas duré, pour l’instant…

Ce qui peut surprendre de prime abord c’est la résilience des marchés financiers. En d’autres temps, les dégâts auraient été importants. Ceci est d’autant plus surprenant que nous sommes au cœur d’un conflit sans précédent, avec des incertitudes avérées sur la réorganisation du monde économique à venir. Ajoutons à cela l’extraordinaire rebond des économies mondiales au sortir de la pandémie. En France, et par ricochet en Europe, nous avons une variable supplémentaire à prendre en compte, à savoir les élections présidentielles dont le premier tour aura lieu ce dimanche. Une poussée significative du Rassemblement National, dont le programme est jugé par certains comme contraire à l’expansion économique, ajoutera de la nervosité dans les séances qui viennent.

En réponse à l’inflation, les Banques centrales sont unanimes quant au durcissement de leurs politiques monétaires. Les membres de la Fed ont montré dans les « minutes » diffusées mercredi, qu’ils étaient favorables à des tours de vis monétaires plus marqués. « De nombreux participants ont souligné qu’une ou plusieurs hausses de 50 points de base pourraient être appropriées lors de réunions futures, en particulier si les pressions inflationnistes restent élevées ou s’intensifient », est-il indiqué dans ce compte-rendu. La Fed avait commencé mi-mars à relever ses taux au jour le jour, pour la première fois depuis 2018, mais avait opté pour une hausse plus modeste, d’un quart de point de pourcentage seulement. La Banque centrale semble désormais déterminée à se défaire plus rapidement des milliards de dollars d’achats d’actifs qu’elle a emmagasinés pendant la crise sanitaire pour soutenir l’économie. Première conséquence de cette remontée des taux, les taux sur les crédits immobiliers à 30 ans, référence sur le marché américain, ont en outre franchi mercredi le seuil de 5%, pour la première fois depuis plus de 10 ans et les demandes d’emprunts immobiliers ont chuté pour la quatrième semaine consécutive, selon la Mortgage Bankers Association.

En Europe, un grand nombre de responsables de la Banque centrale européenne « pensaient que le niveau élevé actuel de l’inflation et son caractère durable appelaient des mesures immédiates », selon le compte-rendu rapportant les échanges entre banquiers centraux de la zone euro tenus début mars, et publié jeudi.

Du côté des statistiques, l’indice Sentix qui mesure le sentiment des investisseurs en zone euro, est tombé à son plus bas niveau depuis juillet 2020. Il est passé de -7 en mars à -18 en avril, alors que le consensus visait -9,2.

L’indice des directeurs d’achats (PMI) dans les services s’est élevé à 55,6 en Zone euro au mois de mars, contre une première estimation de 54,8, selon les données définitives de S&P Global Services (ex-IHS Markit). Il était de 55,5 en février. L’indice composite atteint 54,9, soit 0,4 point de mieux qu’estimé (contre 55,5 en février).

Aux Etats-Unis, l’indice PMI des services s’est établi en mars à 58. Le marché visait 58,9 après 56,5 en février. Le PMI composite a atteint 57,7 contre un consensus de 58,5 après 55,9 en février.

L’indice ISM des services est ressorti en mars à 58,3 contre un consensus de 58,4 après 56,5 en février.

Enfin, 166 000 inscriptions au chômage ont été enregistrées aux Etats-Unis lors de la semaine du 2 avril, contre un consensus Reuters de 200 000 et 171 000 la semaine précédente, chiffre révisé de 202 000.

Du côté des valeurs, avec un bilan hebdomadaire de -2,04% pour le CAC 40, un peu moins pour l’Eurostoxx, les hausses sont rares. Sanofi s’adjuge 10,96%, la Commission européenne a étendu l’autorisation de mise sur le marché du Dupixent, développé par Sanofi et Regeneron, au traitement de fond additionnel de l’asthme sévère avec signature inflammatoire de type 2 chez les enfants de six à onze ans. Elle est suivie de Eurofins, -9,68%, HSBC a relevé sa recommandation à « conserver » contre « alléger » et son objectif de cours de 84 à 92€.

Dans les baisses on retrouve essentiellement le secteur bancaire, pénalisé à la fois par la guerre mais aussi par le bon score anticipé de Marine Le Pen. Société Générale -10,39%, Crédit Agricole -9,48% et BNPParibas -7,44%.

Outre atlantique, Twitter s’est distinguée en prenant 27% lundi, Elon Musk est entrée au capital à hauteur de 9,2% et a rejoint le conseil d’administration.

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